Vipère au poing – Hervé Bazin

20 July 2011  |  Ancient history

Hervé Bazin signe avec Vipère au poing un roman incontournable que tout le monde devrait avoir lu – si possible, pendant son adolescence, le texte étant particulièrement intéressant pour les pré-ados, tant par son style clair que par l’histoire qu’il relate.

Le roman relate l’histoire de deux frères accablés par une mère infernale. Jean et Ferdinand Rezeau vivent paisiblement chez leur grands-parents jusqu’au décès de leur grand-mère en 1922 qui obligent leurs parents à revenir de Chine avec leur jeune frère qu’ils n’ont jamais vu. La première rencontre, sur le quai de la gare, caractérise bien les relations que les deux jeunes garçons vont avoir avec le reste de la famille : la mère les rejette lorsqu’ils s’approchent pour la saluer, leur père les embrasse et leur frère les snobe.

Le père évitant toute dispute avec sa femme, c’est cette dernière qui dirige la maison d’une main de fer dans un gant de fer. Brimades, punitions, éducation très sévère, jeux interdits, privation de liberté et des plaisirs enfantins, tout y passe. Elle s’acharne sur Jean – le narrateur – parce qu’il ne se laisse pas faire. Détestée profondément par les deux aînés, ils vont l’appeller Folcoche - pour folle et cochonne. La guerre est commencée.

Hervé Bazin s’est inspiré de sa propre expérience pour écrire cette histoire. Les noms et les lieux ont été changés, et parfois les faits un peu exagérés pour le roman, mais la vérité est là : Hervé Bazin a eu une mère cruelle. Si le texte rencontre un tel succès, c’est parce qu’il ponctue un sujet difficile à accepter pour les jeunes – l’autorité parentale poussée à l’extrême – à de l’humour et des situations cocasses.

On plonge alors avec l’auteur dans ses terribles souvenirs et dans la haine qu’il voue à cette femme. Bazin décrit une enfance brimée avec beaucoup de justesse, sans se faire passer pour un héros rebelle ou pour une victime. La haine maternelle n’est pas expliquée à un seul instant, ce qui rend la chose encore plus odieuse. Elle les déteste, ils la détestent, c’est tout.

C’est donc un très bon roman, court et sympathique, à côté duquel il ne faut surtout pas passer.

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Vipère au poingHervé Bazin

Editions Livre de poche, 185 pages

 

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14 commentaires


  1. Ah, Folcoche ! Quelle horreur cette femme ! J’ai lu ce livre au collège dans le cadre d’un cours de français, et je me dis une fois de plus que ce prof était vraiment génial, toujours à proposer des livres intéressants. C’est sûr qu’on y gagne à le lire à l’adolescence.

    • Je l’ai aussi lu au collège, je garde un grand souvenir de cette mère odieuse

  2. Je l’ai lu il y a pas mal d’années maintenant mais on en garde forcément un sacré souvenir lecture. Ah cette Folcoche !!!!!

  3. Hier, à 17h sur France Inter, l’émission de Guillaume Galienne avait pour thème la méchanceté, et ils ont lu des passages de “Vipère au poing”. Bon, j’ai pas tout suivi vu que je cuisinais en même temps et que la radio n’est pas dans la même pièce, mais ça ma donné envie de le (re)lire (impossible de me souvenir si je l’ai lu ou non dans ma jeunesse !).

    • Je pense que si tu l’avais lu, tu en aurais un souvenir clair. Le personnage de Folcoche est tellement antipathique qu’il reste dans les mémoires. Je te le conseille vivement !

  4. Les seuls livres qui m’aient plu à l’école sont “Le dernier jour d’un condamné” de Victor Hugo et “Le joueur d’échecs” de Stefan Zweig. La liste est mince et je le regrette. D’ailleurs je ne pense pas qu’on puisse même parler d’une liste ;)
    “Vipère au poing” m’a déjà fait de l’oeil. Je vais décidément le noter pour pouvoir découvrir cette cruelle Folcoche un de ces jours !

    • J’avais beaucoup aimé “Le dernier jour d’un condamné”, et malheureusement je n’ai découvert Zweig qu’il y a peu de temps. Fonce sur “Vipère au poing”, c’est excellent

  5. je ne l’ai pas lu mais écouté en “livre cassette” (Oh le coup de vieux) avec ma soeur et ma mère sur la route des vacances et je me souviens parfaitement du degout que m’inspirait cette Folcoche ! D’ailleurs “brasse-bouillon”, la façon dont on etait appelé par mon beau-père lorsque l’une allait moucharder vient ausi de ce roman il me semble.

    • J’aime ce petit surnom ^^ C’est vrai qu’elle inspire du dégoût, et elle nous fait aussi prendre conscience que nos parents n’étaient pas AUSSI “chiants” qu’on voulait bien le croire

  6. Je l’avais lu après avoir vu le film à la télé. Il est bien. D’ailleurs, il y a une suite, que je n’ai toujours pas lu ! ^^

    • Je prévois de lire la suite un jour pour voir ce qu’il advient de Folcoche

      • moi je croit que cette maudite femme ne devient rien du tout d’après le livre que je viens de lire bien-sûr et d’après mes connaissence je croit qu’elle va regretter tous ce qu’elle a fait .