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Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan

Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vigan

3 October 2011  |  Ancient history  |  20 Comments

Il est des lectures dont il est difficile de parler immédiatement tant elles ont fait appel à l’intimité du lecteur. Il faut laisser le temps d’y repenser avec les idées claires, une fois que l’orage intérieur s’est calmé. Rien ne s’oppose à la nuit serait de ces ouvrages mais il m’est apparu évident qu’une chronique écrite rapidement après la dernière page tournée serait la meilleure façon de parler d’un livre touchant, troublant et qui marquera la lectrice que je suis.

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Vipère au poing – Hervé Bazin

20 July 2011  |  Ancient history  |  14 Comments

Hervé Bazin signe avec Vipère au poing un roman incontournable que tout le monde devrait avoir lu – si possible, pendant son adolescence, le texte étant particulièrement intéressant pour les pré-ados, tant par son style clair que par l’histoire qu’il relate.

Le roman relate l’histoire de deux frères accablés par une mère infernale. Jean et Ferdinand Rezeau vivent paisiblement chez leur grands-parents jusqu’au décès de leur grand-mère en 1922 qui obligent leurs parents à revenir de Chine avec leur jeune frère qu’ils n’ont jamais vu. La première rencontre, sur le quai de la gare, caractérise bien les relations que les deux jeunes garçons vont avoir avec le reste de la famille : la mère les rejette lorsqu’ils s’approchent pour la saluer, leur père les embrasse et leur frère les snobe.

Le père évitant toute dispute avec sa femme, c’est cette dernière qui dirige la maison d’une main de fer dans un gant de fer. Brimades, punitions, éducation très sévère, jeux interdits, privation de liberté et des plaisirs enfantins, tout y passe. Elle s’acharne sur Jean – le narrateur – parce qu’il ne se laisse pas faire. Détestée profondément par les deux aînés, ils vont l’appeller Folcoche - pour folle et cochonne. La guerre est commencée.

Hervé Bazin s’est inspiré de sa propre expérience pour écrire cette histoire. Les noms et les lieux ont été changés, et parfois les faits un peu exagérés pour le roman, mais la vérité est là : Hervé Bazin a eu une mère cruelle. Si le texte rencontre un tel succès, c’est parce qu’il ponctue un sujet difficile à accepter pour les jeunes – l’autorité parentale poussée à l’extrême – à de l’humour et des situations cocasses.

On plonge alors avec l’auteur dans ses terribles souvenirs et dans la haine qu’il voue à cette femme. Bazin décrit une enfance brimée avec beaucoup de justesse, sans se faire passer pour un héros rebelle ou pour une victime. La haine maternelle n’est pas expliquée à un seul instant, ce qui rend la chose encore plus odieuse. Elle les déteste, ils la détestent, c’est tout.

C’est donc un très bon roman, court et sympathique, à côté duquel il ne faut surtout pas passer.

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Vipère au poingHervé Bazin

Editions Livre de poche, 185 pages

 

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Mes sept premiers coups de coeur littéraires

17 June 2011  |  Ancient history  |  20 Comments

Si les voyages forment la jeunesse, qu’en est-il des livres, ceux qui emmènent l’esprit et l’imagination ailleurs ? Pour ma part, ils ont été présents dans ma vie en continu. Au-delà des livres pour enfants, j’avais envie de parler de premiers romans jeunesse que j’ai lus et qui ont laissé leur empreinte dans ma vie de lectrice.

Pourquoi sept et pas dix ? Car ce classement est fait depuis ma mémoire et non à partir du carton où sont empilés lesdits livres ; j’en oublie sûrement, mais cette liste-là m’est venue en tête tout de suite. C’est bien le signe que je ne les ai pas oubliés.

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Lettres d’amour de 0 à 10 – Susie Morgenstern [1996 - lu à 9 ans]

Si le classement suivant n’est pas par ordre de préférence, Lettres d’amour de 0 à 10 reste néanmoins à tout jamais le premier roman que j’ai adoré. Acheté au Salon du livre jeunesse de Montreuil de 1996, il est, de tous les romans lus depuis ma primaire jusqu’à aujourd’hui, le seul que j’ai relu une seconde fois. Le seul. Il m’a fait comprendre toutes les émotions que l’on pouvait transmettre par écrit et m’a profondément émue pendant des années. Il reste le roman de mon enfance.

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Fantômette et La Dent du diable – Georges Chaulet [1967 - lu à 9 ans]

Lu précisément en février 1997, le souvenir de cet épisode de Fantômette reste indélébile dans ma mémoire. Petite, j’ai dû lire une petite dizaine de Fantômette, j’adorais ce personnage. La lecture du tome La Dent du diable, qui raconte les inquiétantes aventures de la justicière alors qu’elle est en colonie de vacances dans un chalet pour faire du ski, est tombée au moment où j’étais moi-même en vacances à la montagne. Le plaisir que j’avais eu alors à vivre la même situation (ou presque) que mon héroïne préférée avait décuplé mon amour de la série.

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L’histoire d’Helen Keller - Lorena A. Hickok [1998 - lu à 11 ans]

Qui ne connait pas l’histoire d’Helen Keller ? Une enfant coupée du monde au début du siècle dernier car elle n’entend pas, ne parle pas et ne voit pas, et qui va changer grâce à une éducatrice qui tentera de l’élever comme une petite fille normale. En surmontant son lourd handicap, Helen va obtenir un diplôme universitaire et devenir une romancière. J’ai été impressionnée par cette histoire vraie ; le courage et la détermination payent toujours, c’est ce que j’ai appris avec ce livre.

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Le journal intime de Georgia Nicolson (T1) : Mon nez, mon chat, l’amour et moi - Louise Rennison [2002 - lu à 15 ans]

A 15 ans, je ne pouvais pas rêver meilleure lecture que celle du journal intime de Georgia Nicolson, adolescente intelligente et drôle mais mal dans sa peau, avec une famille aimante mais qui l’exaspère et des préoccupations de son âge : les garçons et les copines. Encore une fois, j’étais face à un texte qui me parlait et qui me comprennait, et j’ai passé un très bon moment en sa compagnie. J’ai également lu les deux livres suivants et me suis rendue compte en regardant sur Amazon que le tome 10 (!) avait été publié en 2010.

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Dix petits nègres – Agatha Christie [1939 - lu à 13 ans]

Premier vrai policier lu, les Dix petits nègres a été une de mes lectures préférées au collège. J’ai tout aimé dans cette histoire, son intrigue, ses personnages, sa fin, et je m’en suis d’ailleurs beaucoup inspirée pour écrire mes rédactions. En y repensant, je me demande pourquoi le livre, que j’ai pourtant adoré, ne m’a pas donné envie de lire plus de romans policiers. Ce n’est pas un genre vers lequel je me tourne aisément (voire même pas du tout), alors que toutes les expériences que j’ai eues ont été agréables.

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Oh, boy ! - Marie-Aude Murail [2000 - lu à 14 ans]

Comment aborder tous les sujets difficiles et les faire lire à un jeune lecteur ? Lui donner entre les mains Oh, boy !. Abandon, suicide, homosexualité, avec une étonnante douceur, l’auteure amène son jeune public à comprendre ces choses sans le choquer, sans le mettre dans une position dans laquelle il pourrait se sentir mal. L’histoire de ces orphelins recueillis par m’avait à l’époque beaucoup touchée, et je suis sure qu’en le relisant aujourd’hui, je ne changerais pas d’avis.

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La mort est mon métier – Robert Merle [1952 - lu à 14 ans]

Mon premier roman d’adulte lu au collège, le plus dur aussi, sur la lente transformation d’un allemand lambda en Nazi initiateur du Zyklon B pour augmenter le “rendement” des chambres à gaz. En plus de m’avoir fait aimer Robert Merle, La mort est mon métier m’a permis de réfléchir à ce qu’on appelle l’ennemi, celui de l’autre côté de la frontière qui nous ressemble tellement qu’on en vient à se dire qu’on aurait pu nous-même finir comme lui si on avait eu la même vie.

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Toutes les couvertures ci-dessus sont celles des éditions que je possède. J’aimerais maintenant les lire avec mon regard d’adulte et de lectrice expérimentée, mais peu importe si je les aime aujourd’hui, le plus important étant qu’à un moment donné ou un autre, je me suis évadée avec eux quand je n’étais encore qu’une préado.

Et vous alors ? Quels sont les premiers romans que vous avez aimé ?

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