Les résolutions littéraires pour 2011

30 décembre 2010  |  La lectrice  |  2 Comments

En grande habituée des résolutions, je n’ai pas manqué de réfléchir à l’année qui se profile. Quel bonheur de penser à la vie devant autant d’opportunités !  La littérature est une véritable passion que je prends très à cœur. Je n’ai qu’un leitmotiv en ce qui la concerne : la vie est trop courte pour lire de mauvais livres. Les résolutions sont là chaque année pour m’aider à tenir une certaine tenue de route qui me permettra, en partie en tout cas, d’avoir lu tout ce que je veux. Il ne s’agit pas d’objectifs, Dieu sait que je ne les respecte jamais, mais plutôt de directions que je souhaite tenir.

  • M’ouvrir aux cinq écrivains Irlandais suivants : James Joyce, Bram Stoker, Paul Murray, Flann O’Brien et Samuel Beckett
  • Continuer à m’émerveiller devant A la recherche du temps perdu de Proust
  • M’inspirer toujours plus de la liste des cent plus grands romans du XXe siècle de Time
  • Lire les livres que j’ai déjà dans ma bibliothèque – c’est bateau, m’enfin c’est toujours utile de me rappeler
  • M’attaquer à Guerre et Paix
  • Poursuivre la série de L’Assassin Royal de Robin Hobb
  • Plonger dans les nouvelles de Maugham
  • M’aventurer ailleurs en redécouvrant Dune de Franck Herbert
  • Ralentir mes lectures d’auteurs américains – je sais déjà que ce sera impossible (et contradictoire avec le point n°3), mais bon, il faut au moins que j’essaye ; il me suffit de penser aux Auster, Irving, Roth qu’il me reste à lire, et mon cœur chavire
  • Regarder plus d’adaptations de livres au cinéma
  • Renouveler l’expérience de découvrir un auteur grâce à une exposition, comme celle sur W. B. Yeats, dont j’avais adoré découvrir l’univers à travers des lettres, des manuscrits…
  • Faire du tri dans mes étagères en vendant ou en offrant les livres dont je ne veux plus
  • Retourner dans un salon du livre
  • Partager toujours plus grâce à The Buried Talent

Si je me tiens à ces quatorze points, c’est suffisant pour combler ma vie de lectrice jusqu’à l’année prochaine.

A l’aube de cette nouvelle année, quelles sont vos résolutions de lecteur ? Par quel livre allez-vous commencer ?

Le Nom de la rose – Umberto Eco

29 décembre 2010  |  Les livres  |  No Comments

Umberto Eco est bien plus qu’un écrivain de romans. Grand spécialiste du monde médiéval, il partage son savoir et sa passion dans un premier livre époustouflant, publié en Italie pour la première fois en 1980. En France, il a reçu le Prix Médicis étranger – je doute que cela soit là son seul prix.

L’histoire prend place au XIVème siècle à l’arrivée du franciscin et ancien Inquisiteur William de Baskerville et son novice Adso. Le récit est raconté par ce dernier qui, alors qu’il est devenu un vieil homme, couche sur le papier les évènements qu’il a vécus. Les deux hommes arrivent dans une abbaye isolée proche de l’actuelle frontière française. Ils se voient confier l’enquête sur la mort suspecte d’un moine s’étant défenestré quelques jours auparavant. Mais leur présence, et l’esprit vif et déducteur de William, dérangent les moines. Les morts se succèdent, renforçant la suspicion de William. Sur fond d’Inquisition et de conflit théologique,  William et Adso vont enquêter sur cette affaire.

Le formidable accueil qu’ont réservé à la fois les lecteurs et les critiques dès la publication du roman est, pour une fois, largement justifié, tant la profondeur du récit, des idées et des personnages coupe le souffle. C’est littéralement captivé que le lecteur aborde ce livre. L’esprit aiguisé de William, qui ne manque pas d’ironie et de recul sur ses propres actes, accompagné par un Adso qui découvre la vie et le plaisir de la chair, en font un duo éclectique et complet pour résoudre cette affaire complexe.

Le style d’Eco très documenté plonge le lecteur dans une époque peu abordée par de tels romans. Cela change de ce que l’on a l’habitude de lire, et c’est aussi ce qui est marquant et enrichissant. Le Nom de la rose fait de toute façon partie des plus grands romans jamais écrits, et qu’il faut donc avoir lu dans sa vie. N’hésitez pas.

Le Nom de la rose

Umberto Eco

Le Livre de poche, 633 pages


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L’Original de Laura – Vladimir Nabokov

28 décembre 2010  |  Les livres  |  No Comments

Vladimir Nabokov est un monument de la littérature du XXème siècle grâce, notamment, à son œuvre majeure Lolita. Alors quand son fils décide de publier un livre posthume, écrit par Nabokov durant les derniers mois de sa vie, tout le monde aurait dû être content. Sauf… sauf que Nabokov avait demandé à ce que ses notes soient détruites après sa mort, et donc non publiées. D’où la polémique dans le monde littéraire : fallait-il publier ce roman ? Je peux vous donner la réponse dès maintenant : NON.

La polémique ne s’arrête cependant pas à ce non-respect des dernières volontés de l’auteur, mais également (et surtout) au fait que le livre est inachevé. Il ne peut être classé dans les « romans », ni même les « nouvelles », mais plutôt en tant que « document », pour les raisons que je vais expliquer dans ce billet. Voici des photos que j’ai prises pour vous en montrer l’es pages intérieures, où les fiches bristol sur lesquelles Nabokov avait l’habitude d’écrire (et que sa femme recopiait à la machine ensuite) ont été scannées :

 

Le livre commence donc par des fiches très bien rangées et numérotées par chapitre. On y lit une histoire, celle d’un triangle amoureux avec, au centre, Flora, entourée de son mari obèse Philip et de son amant Eric, qui a écrit Ma Laura, récit déguisé de sa relation avec la belle Flora. Vous l’avez compris, Flora est l’original de Laura. Il y a quelque chose d’assez émouvant dans le fait de lire le livre en anglais écrit de la main de l’auteur.

Cependant, à la moitié du livre, la notation des fiches change et le lecteur a devant lui des prises de note d’idées, plus qu’un véritable récit. Et c’est là que mon problème avec cette histoire de fiches publiées est apparu. Du plaisir de lire les fiches ordonnées de l’auteur, on passe à un certain malaise devant ce voyeurisme littéraire. Le lecteur a le sentiment de rentrer dans l’intimité du travail de Nabokov. Imaginez la colère que l’on peut ressentir quand quelqu’un lit l’un de nos textes contre notre volonté et avant même que nous l’ayons fini ! A quoi ça rime d’émettre une critique puisqu’il n’est pas fini ? A rien.

Le fils Nabokov a jugé important de s’expliquer dans une introduction au livre, dans lequel il confie que sa famille n’a pas pu brûler ces fiches – je pense, en toute honnêteté, que je n’aurais pas pu le faire non plus – et que, poussé notamment par « une presse toujours avide de dégoter le scoop croustillant », il a cédé (en gros). Deux ironies à retenir : la fin des remerciements du fils, qui n’oublie pas les gens qui n’ont jamais réussi à le faire changer d’avis, et cette fiche, par lequel commence et finit le livre et sur laquelle sont couchés des synonymes du verbe « supprimer », comme pour nous rappeler la volonté de l’auteur :

Pour résumer, le livre n’a aucun intérêt littéraire. Restons naïfs en croyant la bonté du fils qui a voulu partager au monde entier le travail ultime de son père dans un but purement culturel et certainement pas financier. Je partage l’idée des critiques professionnelles qui considère que ce roman peut nuire à la réputation et à l’image que les lecteurs s’étaient faites de Nabokov. C’est finalement un écrivain comme un autre, qui fait des fautes et qui hésite.

 

[Pour continuer, plein de réactions partout sur les sites français dont voici quelques articles :

  • "La parution de L'original de Laura banalise le travail de Nabokov" sur l'Express
  • et l'excellent "Pourquoi L'original de Laura n'aurait jamais dû être publié" sur Slate.fr]
L’Original de Laura 

Vladimir Nabokov

Gallimard, 163 pages

 


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Les liens du samedi – 27/12/10

27 décembre 2010  |  Les revues de web  |  No Comments

  • Document très rare : écoutez la voix de Fitzgerald récitant un poème de Keats en 1940. Dieu que je l’aime (Open Culture)
  • Un film sur la vie d’Edgar Allan Poe, avec John Cusack, sera dans les salles en 2011 (Baltimore Sun)
  • Trois livres sur l’élégance et la mode old-school (NPR)
  • Et si vous estimez qu’il y a trop de tops, en voici un qui résume tout (The Guardian)
  • AbeBooks a annoncé ses plus grosses ventes de livres : deux livres de Melville sont dans le top (Jacket Copy)