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Fitzgerald, Zelda et leur fille Scottie en 1925 dans leur appartement parisien
Gatsby le magnifique est l’histoire d’une désillusion de la vie sur fond de fêtes démentielles où tout le gotta new-yorkais des années 20 se retrouve picoler et fumer. La demeure qui accueille ces soirées est celle de Gatsby à Long Island, à West Egg, mais elle n’est pas la seule proprièté importante du livre. Le manoir de Daisy, son amour de jeunesse, est aussi central car c’est dans cette maison que le narrateur Nick va emmener le lecteur découvrir l’univers de cette femme superficielle, que pourtant Jay Gatsby n’arrivera jamais à oublier.
Cette maison, Fitzgerald l’a probablement imaginée en se basant sur une demeure qui existe vraiment et dans laquelle, à l’instar des personnages du livre, le New-York bobo et branché aimait se retrouver. Il ne l’a jamais clairement déclaré, aussi une part de doute subsiste quant à l’héritage laissé par la demeure. Toujours est-il que dans les années 20, le propriétaire et journaliste Herbert Bayard Swope, l’un des premiers lauréats du prix Pulitzer, y organisait des soirées dignes de Gatsby, auxquelles ont assisté notamment Winston Churchill, les frères Marx… et F. Scott Fitzgerald.
La maison fait parler d’elle aujourd’hui car elle est sur le point d’être rasée pour la construction d’un lot de cinq propriétés. D’une valeur de 30 millions de dollars, il s’avère qu’elle est un peu chère à entretenir (5000 dollars par jour) et impossible à vendre (tu m’étonnes).

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Sources : Jacket Copy, NY Mag
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S’il manquait bien un auteur à ma liste de livres lus, il s’agissait bien du colombien Gabriel Garcia Marquez. Prix de Nobel de littérature en 1982, il est l’une des figures de la littérature sud-américaine, aux côtés de Mario Vargas Llosa. C’est son livre Cent ans de solitude, publié en 1967, qui fait de lui un auteur incontournable.
Cette semaine, le document vidéo que nous vous proposons concerne Marguerite Yourcenar. Première femme élue à l’Académie française en 1980 (il était temps), elle accorde un an plus tard une série de quatre entrevues pour une émission. Plus que de simples entretiens, il s’agit en fait d’une réflexion sur différents sujets tels que la condition féminine, l’écologie ou encore la mythologie des animaux dans le folklore chrétien (j’vous jure, c’est pas une blague).
La première de ces émissions traite du paradoxe de l’écrivain et est composée de trois vidéos passionnantes que je vous invite à regarder.
Marguerite Yourcenar parle de l’écrivain, mais avoue que ce qu’elle dit concerne également les artistes au sens large. Selon elle, la mauvaise littérature commence quand l’écrivain se dit « je pense, je sens quelque chose, donc je peux écrire. » Ces « réflexions de poussière » sont en surface car le mauvais écrivain, loin de la réalité, « croit qu’il croit. »
Le premier devoir de l’écrivain est sa capacité à garder l’attention pour ne pas se flouer. Yourcenar compare l’écriture d’un grand livre à la cuisine d’un poisson : peu importe ce que l’on fait, il faut mettre toute son attention dans une seule chose. La difficulté est d’arriver à ce degré d’attention suffisant. Pour elle, l’écrivain est toujours humble car la réaction à la fin de l’écriture d’un livre est toujours de la stupeur et du saisissement : « bon Dieu, j’ai réussi à faire ça. » La première vidéo se termine avec la phrase : « L’écrivain doit vivre. »
Dans la seconde vidéo, Marguerite Yourcenar poursuit sur cette nécessité de l’écrivain de vivre. Un auteur qui s’enferme, se coupe du monde, pour faire un livre ne sera jamais bon. Le livre utilise la vie, et l’écrivain puise l’essence de son livre parmi toutes ses possibilités et ses sujets. Les grands écrivains se distinguent des autres car « ils ont su tirer parti des circonstances, des faits, des émotions qui avaient été les leurs. »
Enfin, la troisième vidéo traite du côté travail. A l’instar d’un musicien avec un instrument de musique, l’instrument de l’écrivain est la langue. Il est un acteur qui l’enrichit. L’importance du langage dans un livre est essentielle car il doit correspondre à la réalité du livre : si l’on parle d’un empereur romain, le style sera plus soutenu qu’un livre sur le milieu populaire, pour lequel, selon Marguerite Yourcenar, il faut un langage concret, dénué de mots de plus de quatre syllabes. Elle conclut cette réflexion passionnante en disant que l’écrivain doit toujours garder en tête que son travail ne changera pas la face du monde, et qu’il écrit avant tout pour faire plaisir à son petit nombre de lecteurs, ainsi qu’à lui même.
Passionnant, non ?
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Source : Youtube
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