L’étranger – Albert Camus

11 septembre 2011  |  Les livres

On ne parle jamais assez d’Albert Camus, grand ambassadeur de la littérature française dans le monde, prix Nobel en 1957 et dont on a parlé de la mort il y a peu. Marqué par sa jeunesse passé en Algérie, il n’aura de cesse d’en parler dans ses romans, comme La peste ou La chute, qui seront écrits après L’étranger, son livre le plus connu.

C’est l’histoire d’un type étranger au monde qui l’entoure, un homme banal en apparence, mais dénué de toute émotion, de toute empathie, de tout intérêt pour les autres. Les autres d’ailleurs, ce sont juste des gens sans aucun intérêt mais qu’il côtoie un peu parce qu’il se sent obligé de le faire. Ou alors non, il ne se sent pas obligé, mais il s’en fout, ils sont là, ils sont pas là, c’est du pareil au même pour lui.

Meursault raconte sa vie dans l’Algérie colonisée par des phrases courtes qui s’enchaînent comme s’il faisait une liste. Stoïque à la mort de sa mère, il ne montre pas plus de sentiments lorsqu’il s’attaque à un homme et le tue. Aucun remord, aucun regret, rien ne se passe chez lui par rapport à ce qu’il a fait et il assiste à la tournure tragique de sa vie comme spectateur indifférent.

Par le biais du je, Albert Camus essaye de nous pousser à nous identifier à Meursault, exactement ce que le personnage est incapable de faire dans le texte. Mais l’antipathie pour ce personnage est telle qu’on devient étranger à lui malgré l’utilisation de la première personne. Meursault est la représentation parfaite du nihilisme

Le texte est court et exacerbe le manque d’émotion du personnage principal. C’est un roman brillant à ne pas manquer – le livre a d’ailleurs été désigné comme le livre du XXème siècle par les Français.

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L’étranger – Albert Camus

Collection Folio, 185 pages

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8 commentaires


  1. L’un de mes auteurs favoris.

    • Je suis en train de le relire pour voir si j’ai le même avis que lorsque je l’ai lu adolescente

  2. j’ai lu « la peste » l’an dernier et j’ai beaucoup aimé, une vraie découverte pour ce style neutre. Il me reste à lire « l’étranger » !

    • Au lycée j’ai lu « La Peste », « La Chute » et « L’Etranger » – il était mon auteur préféré à l’époque

  3. J’ai dû lire L’étranger dans le cadre du cours de français en rhéto… Je me souviens que j’étais ulcérée par l’apathie de Meursault en toute chose, et surtout par les phrases ultra courtes (sujet,verbe, complément. sujet,verbe, complément.) de Camus. Durant toute ma lecture, je n’ai pas compris le message de l’auteur, obnubilée par le misérabilisme de son écriture.
    Je n’étais pas très subtile, pour ne pas dire franchement conne à l’époque, mais même si je devais le relire aujourd’hui, avec l’analyse du livre derrière moi, je ne suis pas sûre que ce roman me plairait pour ce qu’il est…
    Malgré que Camus m’ait fait peur il y a de ça quelques années, j’ai toutefois acquis « La chute » que je compte lire tôt ou tard.

    • Meursault est depuis des années comme LE personnage que j’ai le plus détesté. Ce rejet de tout, ce je-m’en-foutisme extrême m’ont beaucoup énervés, mais le style ne m’a pas dérangé car il était parfaitement cohérent avec le discours du protagoniste. Il dit plusieurs fois dans le texte « peu importe », deux mots qui correspondent parfaitement au type exécrable qu’il est.

  4. Je suis une grande fan de Camus.
    L’Etranger n’est pas mon roman préféré,même si Meursault est un personnage inoubliable.
    J’ai préféré la peste et la Chute. J’aime en particulier la parodie biblique de ce livre.

    • J’ai adoré « La Peste » et « La Chute » quand j’étais ado, je vais les relire car leur souvenir est moins marqué que celui que je gardais de « L’Etranger »

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