
Au début de l’ère Murakami, il y a eu un livre, à l’origine de la réputation intouchable du grand écrivain japonais : Norwegian Wood, publié au Japon en 1987. Ce n’est en fait pas son premier texte écrit, ni publié, mais c’est celui qui va tout changer dans la carrière de l’auteur. On dit que le succès au Japon dépassa les espérances de Murakami, qui émigra des années aux Etats-Unis sans revenir dans son pays.
A la lecture de Norwegian Wood, il nous apparait évident que c’est un livre à part, différent du moins des livres qui le suivront comme Kafka sur le rivage ou La course au mouton sauvage. Celui-ci s’inspire de la jeunesse de l’auteur dans les années 60/70 – sans pour autant être autobiographique – à l’époque où il rencontre sa femme Yoko.
Toru Watanabe est un jeune étudiant à l’Université de Tokyo à la fin des années 60, là où comme partout ailleurs dans le monde, les étudiants protestent. Il y étudie la littérature américaine (grande passion de Murakami) et son livre préféré s’avère être Gatsby le magnifique (comme Murakami). Partageant son temps entre les études et son travail dans un magasin de musique (job que Murakami a également eu lorsqu’il était à l’université), il va connaître ses premiers émois amoureux avec deux filles, la douce mais troublée Naoko et la pétillante Midori. C’est son histoire qui est au cÅ“ur du livre, histoire tournée vers ces deux jeunes filles qu’il va aimer en même temps mais différemment.
Murakami nous livre ici un texte sur la perte et la sexualité ; la perte d’êtres chers, dont le narrateur est confronté à plusieurs reprises ; la sexualité, avec cette découverte du plaisir charnel initiée par un collocataire de Watanabe qui va le décoincer en l’emmenant de soirée en soirée. C’est le côté plus terre-à -terre du récit, moins onirique, qui en fait un roman unique dans l’Å“uvre murakamienne. Le style n’en reste pas moins excellent, mais la marque de fabrique de Murakami, l’univers du rêve et de l’esthétisme, n’est pas aussi présente que dans ses oeuvres suivantes. Il y a notamment plusieurs scènes d’ébats amoureux que je n’ai pas – ou peu – retrouvé dans mes précédentes lectures, je n’en ai en tout cas aucun souvenir précis.
A noter que le titre en français est La Ballade de l’impossible, et non Norwegian Wood dans sa version anglaise, titre dont on comprend la signification dès les premières pages. Si vous souhaitez découvrir l’auteur, ne commencez peut-être pas par celui-ci ; pour les autres, c’est un bon moyen de découvrir la personnalité de cet auteur et un peu de son passé avec un très bon livre, que l’on lit avec beaucoup de plaisir, comme à chaque fois avec Haruki Murakami me semble-t-il.
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La ballade de l’impossible
Haruki Murakami Editions 10/18, 445 pages
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Un roman qui me semble énigmatique voire hermétique… Je note ta contribution dans mon récapitulatif :)
C’est un Murakami bien différent des autres, mais toujours aussi bien. Il m’a moins transportée que Kafka sur le rivage, qui m’avait émerveillée. Il n’en reste pas moins un très bon livre. C’est définitivement un de mes auteurs préférés (avec notre John).
j’aime beaucoup cet auteur. Je chroniquerai dans les semaines à venir « La course au mouton sauvage » et « Danse, danse, danse ».
La course au mouton sauvage a été mon premier Murakami, je n’ai pas encore publié la chronique mais elle est déjà écrite. Quant à Danse Danse Danse il attend dans ma biblio :)
Mon auteur préféré, et peut-être un de ses romans que j’ai préféré aussi (mon numéro 1 restant les Chroniques de l’Oiseau à Ressort) !
Mon numéro 1 est Kafka sur le rivage. C’est d’ailleurs l’un de mes livres préférés. De toute façon, j’ai prévu de lire tout H. Murakami, donc je finirai bien par lire Les Chroniques de l’oiseau à ressort :)
Belle critique et comme je dois participer à un challenge Murakami chez Martial, je cherchais des critiques éclairées (oui oui je sais j’aurais pu venir avant, roooh!)et comme toi Kafka sur le rivage m’a laissé un souvenir impérissable. Je note celui-ci quand même, un premier ouvrage est toujours intéressant. ;)
Merci Asphodèle. Je suis une fan absolue de Murakami, et si La ballade de l’impossible n’a pas été mon préféré, il reste quand même un très bon livre. Et je n’étais même pas au courant qu’il y avait un challenge Murakami organisé !! Quant à Kafka sur le Rivage, ça a été un immense coup de coeur :)