S’il manquait bien un auteur à ma liste de livres lus, il s’agissait bien du colombien Gabriel Garcia Marquez. Prix de Nobel de littérature en 1982, il est l’une des figures de la littérature sud-américaine, aux côtés de Mario Vargas Llosa. C’est son livre Cent ans de solitude, publié en 1967, qui fait de lui un auteur incontournable.
Ce court roman, publié un an avant son prix Nobel, est bien différent de ses autres livres. Avec un ton journalistique amateur, le narrateur – dont on ne connait pas le nom – décrit seconde par seconde les dernières 24h de la vie de Santiago Nasar juste avant son assassinat. Dès la première ligne on connait la fin tragique, mais finalement, elle importe peu. Le récit tourne autour des raisons qui ont poussé à ce meurtre. En interrogeant proches, voisins, le narrateur se rend compte que toute la ville était au courant que le meurtre allait arriver mais personne n’a prévenu Santiago. Pourquoi ? Certainement pas parce qu’il méritait de mourir. Plutôt parce que les gens n’y croyaient pas, ou n’arrivaient pas à le trouver, ou qu’ils s’en foutaient un peu.
Chronique d’une mort annoncée est l’histoire d’un gâchis sur tous les plans. On ne sait jamais vraiment ce qu’a fait Santiago pour finir ainsi, parce que les personnages ne le savent pas eux-mêmes. Était-elle nécessaire ? Aurait-elle pu être évitée ? Au-delà de cet assassinat, le gâchis porte également sur les relations interpersonnelles des protagonistes, basées sur l’incompréhension et les silence, comme ce couple sur le point de se marier se sépare du fait de l’impossibilité de pardonner ou encore cette femme, dont la fierté exacerbée poussera, pendant 17 ans, à écrire chaque jour une lettre à son ancien amour.
La force de ce texte réside dans cette constante incapacité à accéder à la vérité. Peu importe les efforts du narrateur pour remonter le temps, le fait que le récit soit basé sur les dires des gens qui ont connu Santiago induit forcément de l’impartialité et de l’oubli – volontaire ou pas. La violence est aussi présente, la violence du meurtre, mais pas que ; la vengeance, le langage, les rapports humains, rien n’est épargné. L’arrivée de l’évêque dans l’histoire ne calme en rien les mœurs et Gabriel Garcia Marquez de souligner que la religion ne peut pas régler ces problèmes.
Le livre ne m’a cependant pas captivée – mauvais timing pour moi, il me semble, mais je le relirai. Et puis Gabriel Garcia Marquez quoi !
_______________
Chronique d’une mort annoncée
Gabriel Garcia Marquez
Le Livre de Poche
116 pages
-
-



Oh ben zut :/ Bon et bien tant pis, il te reste, comme tu dis, « Cent ans de solitude » :)
Cela vient peut-être du fait que ce n’était pas un livre que j’avais très envie de lire (cadeau surprise de Monsieur ce week-end). Ce n’est pas du tout une déception, j’attends encore plus de lire Cent ans de solitude maintenant :)
Je garde le souvenir d’un concours de circonstances rocambolesque et consternant que je ne suis pas prête d’oublier !
C’est exactement cela, un concours de circonstances. Je ne suis pas déçue, j’attends juste de découvrir un peu mieux l’auteur
Comme toi, je n’ai jamais lu Cent ans de solitude, pour une raison inconnue d’ailleurs. J’avais déjà lu un billet sur ce livre et je pensais que ce serait une bonne introduction à l’auteur. Apparemment, il vaut mieux s’attaquer à son « chef d’oeuvre » tout de suite.
Je te conseillerais ce livre malgré mon 3/5 parce que le style bien distinct, du journalisme amateur, est très intéressant. Je ne l’ai pas précisé dans la chronique, mais j’ai lu le livre en anglais, et je ne pense pas avoir saisi tous les tenants et les aboutissants à cause de cela… Pour le coup, je ne suis pas sûre que ma chronique soit si pertinente que cela !
Pertinente ou pas (je ne peux vraiment pas juger), j’attends moi aussi le jour de pouvoir « m’attaquer » à Cent ans de solitude, en espérant bien sûr ne pas être déçue… Et pourquoi pas celui dont tu parles comme mise en bouche ??
Pourquoi pas après tout ! Je pense qu’il faudrait que je relise celui-là en français, ou alors en étant un peu plus concentrée sur le récit en anglais. Toutes les critiques sont bonnes, il n’y a pas de raison pour que le livre ne le soit pas. Je pense avoir été trop distraite dans ma lecture, malgré le petit nombre de pages
« Cent ans de solitude » est une merveille !!! « Amour au temps du choléra » est très réussi. Pas encore lu la « Chronique… »…
J’avais essayé de lire Cent ans de solitude au lycée mais je n’avais pas du tout accroché et j’avais même abandonné après 50 pages. J’attends de progresser un peu en espagnol pour le lire en VO, c’est mon objectif.